Quand je serai grande, je changerai le monde.
Je hais l'espèce humaine dans son énigmatique maladie de faire des n½uds. Je méprise l'être humain quand celui-ci n'a pas la présence d'esprit d'apprécier la vie pour ce qu'elle est, quand il détériore un monde dans lequel chacun aurait pu trouver son compte et qu'il se contente de connaître les choses en surface, sans chercher à comprendre les étranges mécanismes qui se cachent derrière chaque minime détail. L'homme est d'un égoïsme & d'une stupidité incommensurable. Cette capacité démesurée à croire tout et n'importe quoi, pour peu qu'il y trouve son compte, sans même se poser l'ombre d'une question me fait doucement sourire ou douloureusement pleurer. Cette soif de pouvoir sans limites, entraînant trahisons, mensonges et souffrances diverses, me débecte. Société de consommation basée sur la peur de ne pas être comme il faut. Mais comment faut-il être, en fait ? L'homogénéité est le mot d'ordre. "Si personne ne te remarque, personne ne te jugera" Mais remettons donc les choses à leur place. Dans quelle mesure les jugements sont-ils importants, face à l'épanouissement personnel et à la recherche de ce que l'on est ? Plaire aux autres serait donc plus important que de se plaire à soi-même ? Où bien pensez-vous donc que l'un et l'autre sont indissociables ? Je sèche.
Les vrais valeurs n'ont, pour beaucoup, plus leur place dans notre société. Les plaisirs simples se font trop rares; ou, plutôt, peu de gens prennent encore le temps d'en profiter. Contempler un ciel gris, nuageux, et en percevoir les multiples nuances; sentir la morsure du vent glacial d'hiver pénétrer les pores de ma peau et prendre conscience de chaque centimètre de mon corps, hûmer le parfum des feuilles en automne ou simplement la douce odeur de la pluie, se délecter des couleurs et des sons, des bruits feutrés qui nous entourent, de l'apaisante simplicité du soleil qui se couche sur une journée de plus que l'on peut désormais considérée comme appartenant au passé, se satisfaire d'un simple sourire, d'une main tendue, d'une étreinte, d'un baiser. Mon bonheur n'est pas plus complexe. Restez dans votre univers, piétinez ce que Mère Nature vous a donné, consommez pour oublier que votre vie file, travaillez tous les jours que Dieu fait, vivez pour l'argent et le statut social, gardez vos ½illères &oubliez de vivre votre vie, la vraie. Contentez vous de regarder vos pieds &d'envier ce que les autres ont que vous n'avez pas. Je veux voir juste un peu plus loin que le bout de mon nez. Il n'y a que comme ça que je touche au simple plaisir de vivre.